10 janvier 2008
Maman désespérée recherche poubelle à enfants
Je m'en allais tranquillement accompagner une délégation belge à la commune de Kisenso, lorsqu'un jeune homme, Gaylord (photo), a accouru vers moi, un gamin dans les bras. Agité, il me parle en lingala en me montrant l'enfant. Il me raconte une histoire de rivière, de femmes qui crient et de nourriture, mais ma connaissance du lingala est assez limitée et je demande à me faire traduire ses propos. Résultat: Son histoire est simple, et triste à mourir... S'en allant à la rivière pour chercher de l'eau, sa femme a trouvé ce gamin enterré sur la rive. Seule la tête dépassait, une tête qui hurlait à la recherche d'aide. C'était le jour de Noël, et puisqu'on personne ne connaissait le gamin, Gaylord et sa femme l'ont rebaptisé "Moïse". Le garçon, âgé d'environ deux ans, reste provisoirement chez ce couple bienveillant, mais très jeune, et très pauvre. Pendant ce temps-là, on recherche ses parents, pour pouvoir les jetter en prison.
Cette histoire illustre tout le désespoir de familles trop nombreuses, pour lesquelles chaque nouvelle naissance représente une bouchée de moins pour leur unique repas quotidien. C'est une histoire malheureusement trop fréquente dans les zones périphériques de la capitale, ces zones d'accueil des nouveaux citadins pour qui l'image d'une Kinshasa-eldorado s'écroule bien rapidement...
04 décembre 2007
Dilemne
Un épisode avec un journal, un journaliste, et sa direction commerciale m'a rendue verte de rage la semaine dernière. A en perdre le nord et les bons principes anti-corruption.
Je m'explique: Au Congo le secteur de la presse est en situation de déliquescence morale et financière quasi-totale. Les médias n'étant pas solvables, ils sont incapables de payer leurs employés. Pour survivre, les journalistes se laissent acheter par des personnes ou des entreprises en mal de visibilité. On appelle ce phénomène le "coupage": les journaux sont remplis de publi-reportages, et les J.T. se composent d'une suite assomante d'images de réunions, de colloques ou de remise de diplômes. Un vrai désastre. Je pourrai parler longuement de cette pratique, mais je le ferai à une autre occasion.
Après la lecture inspirée d'un ouvrage sur le sujet (GRET, Le coupage: gangrène du journalisme), je me suis dit que cette fois, c'en était fini, que j'allais porter le poids de mes études de journalisme et poser un geste héroïque pour le monde des médias congolais. Fini le coupage, j'allais tenter l'expérience de la transparence. Je négocie donc directement avec le directeur commercial du journal plutôt qu'avec le journaliste auquel je suis habituée. J'ai deux formations dont je veux faire parler, et l'on tombe d'accord sur 200 $ pour les 2 articles d'une demi-page. A ce prix-là normalement j'ai une page entière par article, mais au moins je me dis que je fais vivre le journal en tant que structure et pas juste un journaliste. Au lieu de se mettre 200 $ dans la poche, je me dis qu'il recevra 40 ou 50 $ tandis que le reste servira à faire tourner la rédaction.
Que nenni! Lorsque le journaliste m'annonce qu'il n'a reçu de sa rédaction que la somme de 6$ sur les 200 $ - soit 3% de ce que j'ai payé au directeur commercial-, je me rends compte de ma naïveté. En voulant faire vivre une entreprise, j'en arrive à ruiner ses employés, qui se retrouvent avec à peine de quoi se payer le transport jusqu'à nos bureaux. D'autant plus que je ne suis même pas sûre que les 194$ restants aient réellement servi à payer les factures de l'entreprise: peut-être cela a-t-il servi à payer le nouveau GSM du directeur commercial...
Que faire alors?? Moi je suis perdue: se la jouer "transparent" en passant par une direction commerciale qui affame ses employés, ou entretenir un journalisme gangréné en "achetant" les journalistes, en leur offrant un salaire décent au détriment de la liberté rédactionnelle ? Vraiment, j'y perds mes repères...
14 novembre 2007
Kinshasa: récit d'une mort ordinaire
A force de vivre au quotidien dans une ville délabrée, celle-ci a pris à mes yeux un caractère de normalité. A mon arrivée à Kin, je vous ai parlé de plusieurs gangrènes de cette ville. Parmi celles-ci, il y a la circulation routière: Les routes délabrées; l'absence de code de la route ou en tout cas de son application; les chauffards; les véhicules de ministres qui roulent à contre-sens et à toute vitesse; les roulages (policiers affectés à la circulation) qui se laissent "acheter", créant ainsi des embouteillages monstres à la faveur d'un usager qui aura balancé un billet assez gros dans la main du fonctionnaire. Etc. etc. etc. J'avais donc fini par m'y habituer. Mais la déliquescence de cet état m'a de nouveau frappé de plein fouet dimanche matin, lorsque j'ai entendu le récit de l'accident mortel de mon collègue Richard Bilenge, décédé dans un frontal nocturne avec un camion.
A Kinshasa, pas d'éclairage public la nuit bien sûr. Un trou dans la route, comme toujours. Le camion veut l'éviter, se déplace sur la bande de gauche. Normal. Sauf que, ce camion-là n'a pas de phares. Richard ne le voit pas, et c'est le crash.
Richard, toujours vivant, est coincé dans sa titinne. Le chauffeur du camion s'enfuit. Sans prévenir qui que ce soit, évidemment. Le camion, lui, reste sur place. Il venait livrer des pains aux boulangeries de la ville. Quand les militaires arrivent sur place, ils se disputent la répartition des pains au lieu de tenter de sortir Richard qui agonise. Pire: ils tirent en l'air pour éviter que les civils ne s'en mêlent. Une fois servis, ils laissent les riverains se charger de sortir le corps brisé de Richard de sa prison. Puis, il faut encore attendre qu'une voiture puisse l'emmener à l'hôpital. Mais à 4 heures du matin à Kinshasa, presque aucun véhicule ne circule dans les rues sombres de la capitale. Ce n'est qu'à 5 heures du matin, soit deux heures après son accident, que l'on trouve un véhicule pour l'y emmener. Mais là, il n'y a plus besoin de se dépêcher: Richard est mort quand il passe le seuil de l'hôpital Mama Yemo.
09 août 2007
Maternité sous perfusion
J'écrivais il y a quelques jours que les femmes d'ici accouchaient à la lumière des lampes à pétrole, vu
l'absence d'électricité. Entretemps, j'ai profité du retard du médecin chef de zone de Kikwit Sud, avec qui j'avais rendez-vous, pour visiter l'hôpital de la commune de Lukemi dans lequel se trouvent ses bureaux. J'ai pu constater que j'avais (en partie) tort: dans cet hôpital, il existe bel et bien un groupe électrogène que l'on allume en cas d'urgence dans la nuit. Certaines femmes de Kikwit ont donc l'occasion de mettre au monde dans la lumière. Mais tous les centres de santé ne possèdent pas
un groupe, et ceux qui l'ont n'ont pas toujours une réserve d'essence pour l'alimenter. Mon premier réflexe en apprenant qu'il y a un groupe électrogène dans cet hôpital: demander si ceux qui se font opérer de nuit doivent venir avec l'essence pour l'allumer. "Pas pour le groupe, non. Ca fait partie des services offerts aux malades. S'il y a de l'essence, on allume avec ou sans argent, s'il n'y en a pas on fait dans le noir". Ouf, ça me soulage d'entendre cela, je m'attendais au contraire. Parce qu'au Congo, la politique de gestion des infrastructures publiques se résume souvent à "paie d'abord, on t'aidera ensuite". A quelques pas de là, des gens font la file pour faire des analyses de sang: ils tiennent tous à la main une seringue neuve achetée réalablement à la pharmacie. Sans cela, pas
d'analyse... Pour une opération ou un accouchement, on vous comptabilise la moindre gaze, le moindre pansement sur la facture. Aux portes de la salle de repos des jeunes mamans, une floppée de femmes sont là: ce sont les soeurs, les mères ou les filles qui viennent faire la cuisine et laver le linge des femmes clouées au lit. Si elles ne le font pas, personne d'autre ne nourrira les patientes, qui dormiront le ventre vide dans des draps souillés. Autre phénomène courant en RDC: celui de la de séquestration des malades qui ne peuvent pas payer leur soins frais médicaux.
Malgré cela, le personnel médical a l'air résolu à se décarcasser pour mettre ces bébés au monde, malgré les difficultés logistique. De mon côté, je me suis fais une promesse: le jour où j'accoucherai, je ne me plaindrai pas de la qualité des repas qu'on me sert... Promis!
A droite et à gauche, des photos (recto et verso) d'un réfrigérateur à essence, une
alternative à l'alimentation électrique. C'est ici que sont stockés les vaccins et les pochettes de sang.
PS: chaque photo se trouve à une taille réduite, pour agrandir une photo, il suffit de cliquer dessus
05 août 2007
Et la lumière aurait pu être...
Une double rangée de pilônes qui s'étend à perte de vue. Les câbles qui y sont suspendus transportent le miracle du 20ème siècle: l'électricité, capable de transformer par sa seule présence le mode de vie de millions de Congolais vivant dans les villes et villages des provinces. Cet ouvrage, c'est la ligne Inga-Shaba, la plus longue ligne électrique au monde (sans compter celles de Sibérie). Inaugurée en 1982, elle relie les 1900 km qui séparent l'embouchure du fleuve Congo des riches régions minières du Katanga. Les plans d'origine prévoyaient des stations intermédiaires pour alimenter Kikwit, Kananga et Kamina. A Kikwit, tout était prêt pour passer de l'ombre à la lumière. Ironie du sort, Mobutu en décida autrement, et la ligne frola Kikwit sans jamais s'y arrêter, fonçant directement vers le riche Katanga.
Une petite ballade autour de Kikwit et à 4 km de la ville me voilà nez à nez avec ces pilônes, témoins de l'absurdité de la situation. 4 ridicules kilomètres entre ces géants de feraille et le centre-ville, où 600.000 personnes vivent dans le noir après 18 heures. Où 600.000 habitants se ruinent en piles électriques chinoises pour recharger leurs radios, lampes de poche et téléphones portables. Où les sage-femmes accouchent leurs patientes à la lumière d'une bougie. Où la conservation des vivres et des médicaments n'est possible que pour ceux qui peuvent se payer le luxe d'un groupe électrogène et de son carburant.
On ne peut pas en vouloir aux autorités de ne pas pouvoir électrifier le moindre village perdu au milieu de la forêt congolaise. Mais lorsque lorsqu'une des clés du bien-être et du développement passe littérallement au-dessus de leurs têtes sans qu'ils ne puissent en récolter quelques miettes, les habitants de Kikwit ont tout de même une lueur amère au fond des yeux...
31 juillet 2007
Un peu d'espoir, s'il vous plaît!
Depuis une semaine je me tourne le cerveau dans tous les sens en pensant à ce que je vais bien pouvoir écrire pour ce blog. J’ai bien fait quelques fêtes, quelques sorties, quelques rencontres et autres aventures dignes de vous être contées, mais à peine ont-elles deux jours d’ancienneté que je les considère comme périmées, et donc non racontables.
Et pourtant, j’ai au moins deux bonnes raisons d’écrire : 1/ avec mon voyage en brousse d’une semaine prévu pour jeudi et mon retour en Belgique une semaine plus tard, il serait peut-être temps de me dégourdir les doigts si je veux garder quelques lecteurs fidèles à mon retour en RDC ; 2/ la concurrence que je mène secrètement avec François (mais de toute façon, je n’en mène pas large à côté de sa plume réglée comme une montre suisse).
Ce matin, en voiture avec Papa André, chauffeur du PAIDECO, tandis qu’il évitait les piétons du centre-ville et s’accrochait à son volant, je me grattais le crâne et roulais des yeux en quête d’inspiration. « Regarde, Charline, à droite c’est l’hôtel Memling, tu es déjà allée dedans ? Et là, à gauche c’est le Ministère des finances, tout vitré pour une meilleure transparence des comptes ! Tiens, tu vois, d’ici jusqu’au cimetière : c’est à ce niveau qu’il y a eu le gros de la guerre de mars, tu vois les traces d’impacts dans cette façade ? » (ah bon, je savais pas tiens !) Papa André, le chauffeur le plus âgé du projet, se sent toujours l’âme d’un guide touristique quand il roule avec moi. Il m’a déjà indiqué 15 fois les noms des mêmes bâtiments, comme s’il s’agissait de mon premier tour de la ville. Mais aujourd’hui, il m’a fait chaud au cœur en m’ouvrant les yeux sur un aspect de la ville que je n’avais pas encore remarqué. Euréka ! cela sera donc l’objet de ce post.
Dans ce grand bordel qu’est la ville de Kinshasa, et vu l’état désastreux des véhicules dont les Kinois ont hérité de l’un ou l’autre occidental qui n’osait plus le conduire, il y a forcément des cadavres de
voitures un peu partout le long des routes. Généralement le chauffeur abandonne son carrosse au beau milieu de la route, le temps de trouver une roue de secours ou un peu d’huile de moteur. Résultat : de beaux embouteillages et des accidents en tous genres. Mais aujourd’hui, Papa André me fait remarquer ce taximan qui pousse péniblement sa titinne sur le bord de la route. Et puis ces chauffeurs de taxi-bus qui montent sur le trottoir pour y décharger son lot de passagers, alors qu’il y a à peine un mois, il se serait arrêté en plein milieu de l’unique bande de circulation. « Et regarde ici : ça roule ! avant, on était bloqué pendant 300 mètres avant de franchir ce carrefour ». Et oui : une volée de policiers,
crachotant dans leur sifflet, règlent la circulation en gesticulant comme des fous, là où trois semaines plus tôt il fallait se battre en quadruple file pour essayer de se frayer un chemin à travers la cacophonie de voitures. « C’est fou ! ils travaillent vraiment ! Avant c’était du cinéma, mais maintenant ils s’y mettent pour du vrai ». Regard ébahi d’un garçon qui reçoit son premier repas de Noël après des années de disette. 
Même regard lorsqu’il me montre la salle polyvalente de la commune de Kinshasa, en pleine reconstruction ; puis ce panneau devant un chantier, promettant un joli petit hôtel pour dans quelques mois. Il est tout fou de constater que les riches Congolais recommencent à construire en R.D.C, et qu’ils ne dépensent plus uniquement leurs fortunes sur la côte d’Azur ou en Californie.
C’est à la rapidité du changement que je pensais ce matin, en voiture avec Papa André. J’ai souvent entendu dire de la bouche de la diaspora congolaise combien Kinshasa s’était dégradée rapidement. Et c’est vrai : En jetant un coup d’œil aux photos de la belle époque, je remarque mieux encore les multiples cicatrices qui enlaidissent la capitale et qui lui ont fait perdre toute sa dignité d’antan. Et tout cela en quelques années seulement, quelques années de guerre et de négligence.
Et à entendre Papa André rêver tout haut ce matin, je me suis surprise à espérer moi aussi, grâce à quelques chantiers et à une série de mesure de l’hôtel de ville, que le changement puisse être aussi rapide dans l’autre sens…
20 juin 2007
Et ça continue...
Après le meurtre de Serge Maheshe à Bukavu, c'était au tour d'une journaliste de Kinshasa d'être agressée voici deux jours. Anne-Marie Kalanga, présentatrice à la Radio Télévision Nationale Congolaise (la télévision publique) a reçu deux balles dans la jambe alors que trois hommes en tenue de policier tentaient de pénétrer dans sa maison.
Je n'ai pas plus d'information sur cette tentative de meurtre, ce que je constate par contre c'est que seulement quelques jours séparent les attaques de deux journalistes et que cela a de quoi faire peur au monde journalistique congolais. En protestation, une série de manifestation devrait avoir lieu cette semaine sur impulsion des organisations professionnelles des médias, notamment un sit-in devant l'état major général des forces armées de la RDC. 
Hier à Kisangani a eu lieu une marche des journalistes à l’initiative de l’UNPC (union nationale de la presse congolaise), pour revendiquer l’application de leurs droits. Ce matin en écoutant la radio Okapi, j'ai pu entendre l'interview du gouverneur de la province orientale, qui était interpellé par un journaliste sur la question de la sécurité et de l'indépendance de la presse:
« Nous les dirigeants nous n’avons pas respecté les divers droits des journalistes. Nous les avons « chosifiés », paupérisés, pour qu’ils nous suivent: à qui tendra 100 $, 200$, pour qu’ils diffusent allégrement les informations qui nous concernent. Et cela a des conséquences qui font qu’une fois qu’un journaliste ose dire la vérité, nous nous en prenons violemment à lui. Il faut que la mort de Serge Maheshe puisse faire triompher la cause du journaliste et que ce métier soit respecté».
Quand ces mots sortent de la bouche d'un homme qui avoue lui-même avoir "chosifié" les journalistes, il est difficile de croire que la cause du journaliste puisse effectivement triompher en R.D.C. Un espoir cependant: Hier le ministre de la presse Toussaint Tshilombo Send a annoncé que le statut du journaliste serait très prochainement redéfini dans une nouvelle loi pour mieux garantir les droits des journalistes.
14 juin 2007
Un journaliste tué à Bukavu (Est de la RDC)
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Serge Maheshe, journaliste et secrétaire de rédaction à l'antenne de Radio Okapi à Bukavu, a été abattu hier soir par des hommes en armes. "Un grand professionnel congolais, qui faisait honneur au journalisme dans ce pays martyrisé, a été assassiné hier soir à Bukavu. Serge Maheshe a été la victime d'un assassinat ciblé, perpétré par des hommes déterminés qui l'ont attendu pour le tuer. C'est pourquoi notre tristesse est mêlée de révolte. Bukavu et le Sud-Kivu sont des zones dangereuses pour les journalistes, victimes du banditisme mais aussi de règlements de comptes politiques", a dénoncé l'organisation Reporter Sans Frontières.
Etre journaliste dans des régions en guerre ou post-conflit, c'est avant tout un choix d'hommes et de femmes courageux. Quand on a pris le parti de mettre sa plume au service de la paix, ce que l'on dit ou écrit dérange souvent, irrite parfois. Investiguer n'est pas sans risque. Dénoncer encore moins. Quelques phrases prononcées à l'antenne se paient parfois au prix d'une vie.
Ce meurtre me bouleverse. Je tiens à saluer le courage de Mr. Maheshe, ainsi que de tous ceux qui, au jour le jour, mettent leur vie au service de la liberté de la presse.
12 mars 2007
Femmes, à nous l'honneur!
Un dress-code peut changer la perception d'une ville. 8 mars en Belgique au journal du petit matin: la journée de la femme passe entre l'inauguration d'une ligne de chemin de fer et quelques magouilles politiques. Ca vient et puis ça passe. A Kinshasa, difficile de ne pas y repenser une dizaine de fois sur la journée: elles sont nombreuses à avoir acheté le tissu officiel de la journée de la femme.
"Non à l'impunité des violences faites à la femme", "Oui à la justice", crient leur pagne aux hommes qui passent à leurs côtés. Le 8 mars toutes les Kinoises deviennent des soeurs, pourvu qu'elles portent l'uniforme. Elles qui ne se laissent photographier que rarement, lèvent aujourd'hui bien haut le menton pour poser devant mon objectif, puisque moi aussi je porte mes slogans imprimés. Et si en Belgique on dit :"ni pute ni soumise", ici c'est sur leur corps que ça se lit.










