La blogosphère de Charline à Kinshasa

Impressions d'une mundele en R.D.Congo

24 octobre 2007

Come back!

Oui oui, je suis toujours là... Rhôôôô-là-là, je suis vraiment impayable dans le genre! Evidemment, j'ai mille choses à développer, ça passe du "la Belgique franchement j'adore" (ou alors c'est juste pour les vacances que j'adore?!?), aux histoires kinoises à raconter (genre, ce matin j'ai appris qu'une des ONGs avec lesquelles on travaille suspend les travaux de construction de caniveaux. Pourquoi? La journée, elle creuse les tranchées, et la nuit les riverains les rebouchent parcequ'ils préfèreraient qu'on les fasse sur une autre rue...), en passant par l'atelier Genre auquel je participe pour l'instant à Matadi, atelier organisé par Morgane, une autre volontaire du PAIDECO, mais qui bosse elle dans le Bas-Congo. Des tas de femmes intelligentes, dynamiques, drôles réunies, ça fait du bien parce que franchement, jusqu'alors j'avais failli désespérer en matière de compétence féminine congolaise...

Et puis, comme tous les deux mois, je suis occupée au montage du Nzela Ya Lobi, le journal de nos communes d'intervention (lisez-le s.v.p., y'a des choses intéressantes...), et ça... ça... ça prend un de ces temps bêtes! Enfin, maintenant j'ai une collègue qui bosse avec moi sur la communication du projet, et ça m'aide quand même pas mal du tout pour la rédaction des articles: plus besoin de (trop) m'arracher les cheveux avec les journalistes, puisque la meilleure d'entre eux bosse maintenant avec moi...

Puis pour ceux qui la connaissent, dimanche, je m'envole vers Goma pour aller voir Sarah, ma ptite métisse préférée, à Kigali. Contente, super-contente la Charline!!! Bref, entre tous ces trucs à faire ou à penser, j'ai plus le temps de développer des articles construits, équilibrés, recherchés, ou autres intelligences du genre... Mais soyez rassurés, je pense quand même à vos, ô illustres lecteurs, alors comme je suis sympa, je vous offre une toute belle photo, histoire de me faire pardonnerP1040964

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04 octobre 2007

Crash aérien sur Kimbanseke

Ces derniers temps, je délaisse un peu ce blog: plus le temps, plus l'envie et surtout plus trop d'inspiration pour vous raconter ma petite vie et ce que j'y croise. Ce soir déjà, c'est de nouveau le départ pour la Belgique, moins d'un mois après être revenue de vacances. Non, non :  on ne m'a pas offert une promotion qui me permette de me payer un aller-retour tous les mois, loin de là... (pour des infos sur le service volontaire de la coopération belge, c'est ICI). Il s'agit simplement d'aller régler quelques formalités administratives de fin de contrat, et d'aller resigner pour un an de plus. Avec, à la clé, quelques jours de vacances. Et en cette journée où je sais que je vais passer une horrible nuit dans un avion frigorifique, le cou plié en deux et le dos en compote, j'ai la glandouillante facile, pas envie de me tuer au boulot... Canalblog: here I am !

Je disais donc, ce soir je prends l'avion. Ce soir, heureusement, car ce matin à 11 heures, un cargo russecrashKingasani qui venait de décoller de l'aéroport international de Kinshasa à destination de Tshikapa (Kasaï occidental, au centre du pays) s'est écrasé quelques kilomètres plus loin... à Kingasani, un quartier de la commune de Kimbanseke (à seulement quatre avenues d'un des chantiers du PAIDECO). Le cargo, qui comptait à son bord 27 personnes, appartenait à la compagnie aérienne Africa 1. Sur les 27 personnes, 25 seraient mortes sur le coup. Mais ce ne sont pas les seules victimes, car comme je vous l'ai déjà expliqué, la commune de Kimbanseke est très peuplée, et le quartier Kingasani n'échappe pas à la règle: l'avion a littéralement écrasé deux maisons d'habitation, tandis que d'autres maisons ont également été touchées. Selon ma collègue Elise, qui est actuellement sur place (elle prend des photos pour le Nzela Ya Lobi 3), il y a énormément de curieux autour du lieu de l'accident, et il est donc difficile d'évaluer le nombre de morts ou de blessés. Jusqu'à présent on parle d'une trentaine de morts. Le service incendie de la RVA (régie des voies aériennes) est à l'oeuvre, et 5 heures après le crash, ils sont toujours occupés à extraire des corps des cendres. De son côté, la Croix-rouge est sur place pour fournir les premiers soins et évacuer les blessés vers l'hopital de référence. Plus de précisions arriveront plus tard je suppose, sur vos écrans de télévision.

En 1996, même scénario au centre de Kinshasa, cette fois aussi avec un Antovov, l'avion avait loupé son décollage et avait terminé sa chute sur un marché voisin. Résultat: 250 morts. Au moins, je suis rassurée pour ma propre survie au vol de ce soir: la probabilité est extrêmement faible pour qu'un deuxième avion en partance de Kinshasa ne s'écrase dans la même journée. Enfin, j'espère... Photo: EPA

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18 septembre 2007

Un dimanche à vélo

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Le Beau vélo de RAVEL a pédalé un peu plus au Sud qu'à l'habitude la semaine dernière. Et oui, une trentaine de compatriotes se promenaient sur les pistes de Kinshasa et du Bas-Congo pour un "RAVEL du bout du monde", avec à la clé un peu plus de bosses et de sable que sur nos routes wallonnes... Travail oblige, je n'ai pas pu prendre une semaine de congé pour faire le trajet avec eux, comme je l'avais prévu. Je me suis contenté de rouler avec eux leur dernier jour, avec François et nos deux nouveaux colocataires: Alice et Simon-Pierre. Et grand bien m'a pris de me contenter du dimanche... Moi qui pensais pouvoir tenir en danseuse une semaine entière, j'ai bien du me rendre à l'évidence après un quart d'heure: je ne suis plus l'ombre de la fille sportive que j'ai été. Impossible de suivre leur rythme... Heureusement, on se partageait trois vélos à quatre: on a donc pu se relayer entre l'effort et les séances d'encouragements et de photos depuis la voiture.

60 kilomètres de macadam avant d'entrer à Kinshasa par la route de l'aéroport, celle-là même que j'emprunte si souvent pour me rendre au boulot, que ce soit au bureau de Limete ou dans nos communes partenaires. Quel décalage de passer en convoi de cyclistes blancs sur une route où jamais le moindre Mundele ne sort de sa voiture...

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Adrien Jovenau et sa troupe de pédaleurs étaient présents à grand renfort de journalistes radio et télé (de la RTBF of course). L'un d'eux a quand même réussi a me faire la seule frayeur de la journée, quand il a décidé de faire une interview TV juste au moment où nous passions devant un stade de foot plein à craquer, dans une atmosphère survoltée... Sortir sa caméra à cet endroit, c'est un peu comme crier "mort au tyran" en face d'un Mussolini: un peu suicidaire. Enfin, les journalistes ne se sont même pas rendu compte de la bourde qu'ils faisaient, et tout est resté dans l'ordre.

Quelques jours plus tôt, François et moi nous avions papoté avec Adrien Jovenau dans l'avion Bruxelles-Kinshasa, et samedi dernier le journaliste nous demandait si nous  accepterions de participer à l'émission "Les belges du bout du monde" le dimanche matin. Of course! On n'a pas eu le temps de dire grand chose, mais ça nous a quand même bien fait rire de passer en direct sur les ondes belges. Et puis il faut croire qu'on les P9160609attire, les journalistes...P9160623

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13 septembre 2007

Finies les vacances...

Me voilà de retour de vacances, la tête encore un peu dans les nuages belges... Sortie de l'avion dimanche à 20 heures, arrivée à la maison deux heures plus tard. Le passage par la salle où l'on est censé récupérer son bagage sur le tapis roulant sert de bonne transition entre la Belgique et la R.D.C. et je me remets vite fait dans le bain congolais bien moite et bruyant... Un "porteur" (de bagages ndrl) aux larges épaules entreprend de chasser de la salle ses collègues moins musclés que lui, histoire de monopoliser le marché de l'assistance-bagage. Un quart d'heure plus tard les "freluquets" se regroupent et se chargent d'une vengeance en bonne et due forme: voilà notre musclor maîtrisé par sept ou huit porteurs, le visage écrasé par terre, les menottes dans le dos. Direction les coins sombres pour un tabassage en règle... Tout cela devant les yeux ébahis des primo-arrivants. Ââââhhhh, Kinshasa, tu m'avais manqué! ;-)

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Nzela Ya Lobi, deuxième!

NzelaYaLobi2

Voici le deuxième numéro de Nzela Ya Lobi ("L'avenir"), le journal des communes avec lequelles on travaille dans mon projet. Encore une fois, de la sueur, beauuucoup de crédit de téléphone utilisé, quelques heures de sommeil en moins et pas mal d'aide des collègues pour pondre ces quelques pages. Et dire qu'il faut refaire ça tous les deux mois, il va vraiment falloir que j'apprenne à mieux m'organiser pour ne plus avoir à brûler toutes mes cartouches la dernière semaine juste avant mes vacances...

Grand plaisir au retour de Belgique: le journal que j'avais laissé en version électronique s'était transformé en version papier, déjà distribué dans nos communes. Ca, c'est cool...

page1: sommaire, rentrée scolaire  page2: nouvel atelier de recyclage à Kimbanseke    page3: travaux en suspend sur la route de la Paix  page4 et page5:  Dossier "inaugurations à Kisenso"  page6: Grève des tâcherons des collecteurs Okapi et Biemongo   page7: Comment accéder aux financements du PAIDECO,  page8 et page9: portrait des membres de la Commission communale de développement de Kimbanseke   page12: Lutte anti-érosive et le développement de Kisenso   page13: Les premières formations ont débuté  page14: Droits et devoirs: enregistrement des naissance et droits de succession   page15 Vie communale: bureau en dur vs. bureau "sous les manguiers", micro-trottoir   page16: communiqués

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18 août 2007

Terug naar België...

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Salut les ptits loups, j'écris ce message depuis le salon de mes parents, à Hamois-en-Condroz, avec vue sur ces belles vaches qui m'avaient tant manqué (...). Ce qui veut donc dire que je suis de retour au pays, pour ceux que j'aurai oublié de prévenir. Envie de voir ma tête? Une seule solution: me passer un coup de fil. Et si par hasard vous avez perdu/effacé mon numéro, l'email ça marche aussi.  Je serai là jusqu'au 9 septembre, ça laisse le temps de trouver une petite place pour causer autour d'une bonne bière belch... Au (graaaand) plaisir de vous revoir! Charline

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09 août 2007

Maternité sous perfusion

J'écrivais il y a quelques jours que les femmes d'ici accouchaient à la lumière des lampes à pétrole, vuP1040038 l'absence d'électricité. Entretemps, j'ai profité du retard du médecin chef de zone de Kikwit Sud, avec qui j'avais rendez-vous, pour visiter l'hôpital de la commune de Lukemi dans lequel se trouvent ses bureaux. J'ai pu constater que j'avais (en partie) tort: dans cet hôpital, il existe bel et bien un groupe électrogène que l'on allume en cas d'urgence dans la nuit. Certaines femmes de Kikwit ont donc l'occasion de mettre au monde dans la lumière. Mais tous les centres de santé ne possèdent pas P1040032un groupe, et ceux qui l'ont n'ont pas toujours une réserve d'essence pour l'alimenter. Mon premier réflexe en apprenant qu'il y a un groupe électrogène dans cet hôpital: demander si ceux qui se font opérer de nuit doivent venir avec l'essence pour l'allumer. "Pas pour le groupe, non. Ca fait partie des services offerts aux malades. S'il y a de l'essence, on allume avec ou sans argent, s'il n'y en a pas on fait dans le noir". Ouf, ça me soulage d'entendre cela, je m'attendais au contraire. Parce qu'au Congo, la politique de gestion des infrastructures publiques se résume souvent à "paie d'abord, on t'aidera ensuite". A quelques pas de là, des gens font la file pour faire des analyses de sang: ils tiennent tous à la main une seringue neuve achetée réalablement à la pharmacie. Sans cela, pasmaman_a_16ans d'analyse... Pour une opération ou un accouchement, on vous comptabilise la moindre gaze, le moindre pansement sur la facture.  Aux portes de la salle de repos des jeunes mamans, une floppée de femmes sont là: ce sont les soeurs, les mères ou les filles qui viennent faire la cuisine et laver le linge des femmes clouées au lit. Si elles ne le font pas, personne d'autre ne nourrira les patientes, qui dormiront le ventre vide dans des draps souillés. Autre phénomène courant en RDC: celui de la de séquestration des malades qui ne peuvent pas payer leur soins frais médicaux.

Malgré cela, le personnel médical a l'air résolu à se décarcasser pour mettre ces bébés au monde, malgré les difficultés logistique. De mon côté, je me suis fais une promesse: le jour où j'accoucherai, je ne me plaindrai pas de la qualité des repas qu'on me sert... Promis!

A droite et à gauche, des photos (recto et verso) d'un réfrigérateur à essence, uneP1040031 P1040043alternative à l'alimentation électrique. C'est ici que sont stockés les vaccins et les pochettes de sang.

PS: chaque photo se trouve à une taille réduite, pour agrandir une photo, il suffit de cliquer dessus

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07 août 2007

Pour suivre ce blog en toute tranquilité...

Pour ceux qui voudraient être automatiquement tenus au courant de l'évolution de ce blog, vous pouvez vous y abonner (gratuitement, hein...) : pour cela il faut posséder un aggrégateur de flux RSS local ou en ligne (exemple: www.bloglines.com) et vous devez vous abonner à l'adresse suivante : http://www.charlinerdc.canalblog.com/rss.xml . Pour des précisions allez voir la petite video dont voici l'adresse : http://framablog.org/index.php/post/2007/07/30/rss-wiki-dotsub-et-le-libre

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06 août 2007

Tranches de vie- Willy, passeur du bac

Cela fait longtemps que j'y pense, et la rédaction d'un article pour le magazine de la coopération belge m'a donné l'impulsion nécessaire à le faire. Je vais initier une nouvelle rubrique "Tranche de vie", dans laquelle je laisserai la parole à des personnes rencontrées de façon éphémère ou bien que je côtoie quotidiennement, et dont une bribe de vie mérite d'être racontée.

Premier épisode: la vie quotidienne de Willy, employé de l'Office de routes, fait traverser les voyageurs d'un côté à l'autre de la rivière Kwengue, à 30 km de Kikwit.

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Willy, passeur du bac

willy_le_baquier

"Etre baquier, c’est un métier qui se transmet de père en fils. Moi cela fait 9 ans que j’ai repris le flambeau, et je viens de commencer l'initiation de mon aîné. La rivière Kwengue et le bac, je connais cela depuis toujours, puisque j’habite à 50 mètres du point d’embarcation.

Etre baquier, en soi, ce n’est pas trop difficile, quand les installations sont en bon état. Pour faire passer les gens d’une rive à l’autre, ça demande juste un effort physique de quelques minutes : tourner les manivelles pour incliner le bac de façon à ce qu’il soit poussé par le courant et qu’il glisse le long de la poulie vers l’autre côté de la rivière. Après, il n’y a plus qu’à attendre d’être arrivé sur la rive opposée, pour débarquer les passagers, puis faire le chemin inverse.

En moyenne, on fait sept aller-retour par jour, avec une trentaine de piétons. Pour eux, le passage est gratuit. On ne fait payer que les vélos, motos etle_v_lo_sur_le_bac voitures. Après les piétons, ce sont les cyclistes qui sont les plus fréquents : ils viennent des villages avec leur vélo surchargé de maïs, d’arachides ou d’autres produits qu’ils vont vendre à Kikwit.

Pour eux comme pour nous baquiers, la vie n’est pas facile… Il y a bien sûr le salaire qui est insuffisant : avec mes deux collègues, nous nous partageons 10% des recettes du bac, ce qui revient à un salaire de trois dollars par mois. Comment voulez-vous que l’on vive avec cela ? Heureusement pour moi, je peux nourrir ma famille grâce aux cultures et à l’argent que j’en retire.*

L’autre problème, c’est l’entretien du bac : si l’on veut qu’il dure, il y a Zuidwaarts_059toujours des petites réparations à faire. Mais pour cela, il faut de l’argent. Pour l’instant cela fait deux mois nous attendons que l’Office des Routes nous envoie un nouveau câble pour relier le bac à la poulie. Comme il ne vient pas, on a fait du bricolage en tressant des câbles plus fins. En espérant que ça tienne assez longtemps…" 

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* Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’ils ne fournissent des tickets qu’aux véhicules à moteur. Mais pour chaque vélo qui passe, 150 FC (20 cents d’€) passent par les mains des baquiers, sans que cela n'entre dans les comptes remis à l’Office des Routes. Libre à eux de ne laisser qu’une somme « raisonnable » à leur hiérarchie.

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05 août 2007

Et la lumière aurait pu être...

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Une double rangée de pilônes qui s'étend à perte de vue. Les câbles qui y sont suspendus transportent le miracle du 20ème siècle: l'électricité, capable de transformer par sa seule présence le mode de vie de millions de Congolais vivant dans les villes et villages des provinces. Cet ouvrage, c'est la ligne Inga-Shaba, la plus longue ligne électrique au monde (sans compter celles de Sibérie). Inaugurée en 1982, elle relie les 1900 km qui séparent l'embouchure du fleuve Congo des riches régions minières du Katanga. Les plans d'origine prévoyaient des stations intermédiaires pour alimenter Kikwit, Kananga et Kamina. A Kikwit, tout était prêt pour passer de l'ombre à la lumière. Ironie du sort, Mobutu en décida autrement, et la ligne frola Kikwit sans jamais s'y arrêter, fonçant directement vers le riche Katanga.

Une petite ballade autour de Kikwit et à 4 km de la ville me voilà nez à nez avec ces pilônes, témoins de l'absurdité de la situation. 4 ridicules kilomètres entre ces géants de feraille et le centre-ville, où 600.000 personnes vivent dans le noir après 18 heures. Où 600.000 habitants se ruinent en piles électriques chinoises pour recharger leurs radios, lampes de poche et téléphones portables. Où les sage-femmes accouchent leurs patientes à la lumière d'une bougie. Où la conservation des vivres et des médicaments n'est possible que pour ceux qui peuvent se payer le luxe d'un groupe électrogène et de son carburant.

On ne peut pas en vouloir aux autorités de ne pas pouvoir électrifier le moindre village perdu au milieu de la forêt congolaise. Mais lorsque lorsqu'une des clés du bien-être et du développement passe littérallement au-dessus de leurs têtes sans qu'ils ne puissent en récolter quelques miettes, les habitants de Kikwit ont tout de même une lueur amère au fond des yeux...

Posté par charlineakin à 15:15 - Défis congolais - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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