07 novembre 2007
Visite de Sarah au Rwanda
Wawwww, wawwww, quelle semaine! Un petit tour chez Sarah, l'Homme sous le bras, voilà qui a de quoi recharger mes batteries... Pour infos, Sarah et moi nous nous sommes rencontrées à l'U.L.B. dans des circonstances quelques peu éthyliques... De là est né une forte amitié, qui s'en est suivie par quelques années de vie commune. Le hasard faisant bien les choses, la voici aujourd'hui au Rwanda, dans le pays de ses origines. Et moi en R.D.C.. Même s'il y a tout de même 2000 km qui séparent Kinshasa de Kigali, on ne pouvait pas se permettre de ne pas se rendre mutuellement visite alors que nous vivons dans deux pays limitrophes.
Remarque: les photos ont presque toutes été prises par François. Si vous voulez voir de plus prêt les clichés: cliquez dessus
Sarah bosse au Rwanda comme elle travaillerai en Belgique. Elle, fille unique qui a toujours galéré pour terminer ses fins de mois, s'est découvert au Rwanda une quarantaine de cousins pour qui l'argent n'est pas vraiment un souci. Elle devait y rester trois mois, elle y restera une année.
Le développement, ce n'est pas son truc. Son dada c'est plutôt la culture, et son projet a des frères jumeaux un peu partout en Europe. Elle gère un bibliobus, qui passe d'écoles en écoles. Les comédiens débarquent dans une salle de classe, pour un kidnapping littéraire en bonne et due forme: d'abord, ils leur
jouent des extraits de livre, avant de les emmener dans ce véhicule qui regorge de livres pour tous les âges et pour tous les goûts (mais surtout pour les enfants/ados).
L'équipe du bibliobus étant réduite cette semaine-là, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir les artistes au boulot. A défaut, Sarah nous a fait visiter quelques recoins de sa ville, qui vient de fêter son centenaire.
On marche, on marche beaucoup cette semaine. Je crois que ce qui m'a le plus frappé au Rwanda, c'est peut-être ce sentiment de sécurité qui m'a accompagné tout au long de ma
visite de la ville. La facilité de déplacement également: des taxis motos à perte de vue, bien plus nombreux que nécessaire, de jour comme de nuit. Pas même le temps d'y réfléchir deux fois que l'un d'eux s'arrête déjà devant vous. Le pied quand on connaît les problèmes de transports de Kinshasa.
Babellage intempestif, sorties avec les autres volontaires de la CTB, partage d'expériences (et ô surprise: d'un côté et de l'autre de la frontière ce sont les mêmes questions qu'on se pose), leçons d'histoire et visite zoologique. Voilà en gros le programme de ma semaine à l'Est. Une petite bulle d'air frais qui m'a fait du bien! Merci Saartje!
Voir aussi l'album photo
24 octobre 2007
Come back!
Oui oui, je suis toujours là... Rhôôôô-là-là, je suis vraiment impayable dans le genre! Evidemment, j'ai mille choses à développer, ça passe du "la Belgique franchement j'adore" (ou alors c'est juste pour les vacances que j'adore?!?), aux histoires kinoises à raconter (genre, ce matin j'ai appris qu'une des ONGs avec lesquelles on travaille suspend les travaux de construction de caniveaux. Pourquoi? La journée, elle creuse les tranchées, et la nuit les riverains les rebouchent parcequ'ils préfèreraient qu'on les fasse sur une autre rue...), en passant par l'atelier Genre auquel je participe pour l'instant à Matadi, atelier organisé par Morgane, une autre volontaire du PAIDECO, mais qui bosse elle dans le Bas-Congo. Des tas de femmes intelligentes, dynamiques, drôles réunies, ça fait du bien parce que franchement, jusqu'alors j'avais failli désespérer en matière de compétence féminine congolaise...
Et puis, comme tous les deux mois, je suis occupée au montage du Nzela Ya Lobi, le journal de nos communes d'intervention (lisez-le s.v.p., y'a des choses intéressantes...), et ça... ça... ça prend un de ces temps bêtes! Enfin, maintenant j'ai une collègue qui bosse avec moi sur la communication du projet, et ça m'aide quand même pas mal du tout pour la rédaction des articles: plus besoin de (trop) m'arracher les cheveux avec les journalistes, puisque la meilleure d'entre eux bosse maintenant avec moi...
Puis pour ceux qui la connaissent, dimanche, je m'envole vers Goma pour aller voir Sarah, ma ptite métisse préférée, à Kigali. Contente, super-contente la Charline!!! Bref, entre tous ces trucs à faire ou à penser, j'ai plus le temps de développer des articles construits, équilibrés, recherchés, ou autres intelligences du genre... Mais soyez rassurés, je pense quand même à vos, ô illustres lecteurs, alors comme je suis sympa, je vous offre une toute belle photo, histoire de me faire pardonner
18 septembre 2007
Un dimanche à vélo
Le Beau vélo de RAVEL a pédalé un peu plus au Sud qu'à l'habitude la semaine dernière. Et oui, une trentaine de compatriotes se promenaient sur les pistes de Kinshasa et du Bas-Congo pour un "RAVEL du bout du monde", avec à la clé un peu plus de bosses et de sable que sur nos routes wallonnes... Travail oblige, je n'ai pas pu prendre une semaine de congé pour faire le trajet avec eux, comme je l'avais prévu. Je me suis contenté de rouler avec eux leur dernier jour, avec François et nos deux nouveaux colocataires: Alice et Simon-Pierre. Et grand bien m'a pris de me contenter du dimanche... Moi qui pensais pouvoir tenir en danseuse une semaine entière, j'ai bien du me rendre à l'évidence après un quart d'heure: je ne suis plus l'ombre de la fille sportive que j'ai été. Impossible de suivre leur rythme... Heureusement, on se partageait trois vélos à quatre: on a donc pu se relayer entre l'effort et les séances d'encouragements et de photos depuis la voiture.
60 kilomètres de macadam avant d'entrer à Kinshasa par la route de l'aéroport, celle-là même que j'emprunte si souvent pour me rendre au boulot, que ce soit au bureau de Limete ou dans nos communes partenaires. Quel décalage de passer en convoi de cyclistes blancs sur une route où jamais le moindre Mundele ne sort de sa voiture...
Adrien Jovenau et sa troupe de pédaleurs étaient présents à grand renfort de journalistes radio et télé (de la RTBF of course). L'un d'eux a quand même réussi a me faire la seule frayeur de la journée, quand il a décidé de faire une interview TV juste au moment où nous passions devant un stade de foot plein à craquer, dans une atmosphère survoltée... Sortir sa caméra à cet endroit, c'est un peu comme crier "mort au tyran" en face d'un Mussolini: un peu suicidaire. Enfin, les journalistes ne se sont même pas rendu compte de la bourde qu'ils faisaient, et tout est resté dans l'ordre.
Quelques jours plus tôt, François et moi nous avions papoté avec Adrien Jovenau dans l'avion Bruxelles-Kinshasa, et samedi dernier le journaliste nous demandait si nous accepterions de participer à l'émission "Les belges du bout du monde" le dimanche matin. Of course! On n'a pas eu le temps de dire grand chose, mais ça nous a quand même bien fait rire de passer en direct sur les ondes belges. Et puis il faut croire qu'on les
attire, les journalistes...
03 juillet 2007
Week-end à Maluku
Week-end hors de Kinshasa. Ouffff, une bouffée d'air frais hors de l'atmosphère étouffante de Kinshasa. Deux nuits chez Benoît, qui travaille dans une scierie à une heure de route de la capitale, à Maluku. Avec moi François, Stéphane et Motchi (ancienne gloire de la philo pour ceux qui connaissent...) et Floriant (l'agronome de coloc de Motchi). Avec cette belle brochette de joyeux lurons, c'est l'ambiance assurée pour tout le week-end! Ces tarés-là ponctuent la visite de la scierie, le barbecue, le poisson frais et le fleuve de blagues et d'idioties en tout genre. Le pied...
Je vous mets un diaporama de photos du week-end, jettez-y un coup d'oeil!
20 mars 2007
Les bonobos, hippies de la forêt
Les trois petits Belges s'en vont faire du tourisme par un beau dimanche, voir ces singes dont on leur a tant parlé: les Bonobos
On s'assied, on les observe, et au bout de quelques dizaines de minutes on en oublie
même qu'il s'agit de singes, tant leurs gestes et leurs regards paraissent humains. Des humains en mieux, puisque chez les Bonobos, toutes les tensions se règlent par des rapports sexuels. "Faites l'amour pas la guerre", c'est la devise de ce primate dont les gènes sont à 99% similaires à ceux des homo sapiens. Mâles, femelles, adulte ou enfant, les attouchements et + si affinités se font
indistinctement du sexe ou de l'âge des individus. Une dispute pour un morceau de canne à sucre, une tension due à un bruit soudain dans la forêt, tout cela disparaît avec une petite partie de jambes en l'air. La sexualité débordante de cette société (dirigée par les femelles!) constitue leur remède contre la violence.
Le bonobo est l'une des quatre espèces de grands singes (gorille, chimpanzé, orang-outan et bonobos). Il ne vit qu'en RDC. Le lien vers le site web du sanctuaire des bonobos : http://bonoboscongo.net/ espace protégé où sont recueillis les bonobos orphelins, victimes du braconnage ou de la vente illégale.
PS: toutes les photos de ce message sont tirées de ce site (Crédit: Florent/Lola ya bonobo et Renaud Fulconis/Awely). Pour plus d'images, voir l'album photos à gauche de l'écran, celles-là sont de moi.
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Après un tel spectacle, le bain froid dans la rivière s'imposait...
13 mars 2007
Clowns sans frontière à Kinshasa
C’est Cajou, un artiste congolais rencontré il y a quelques semaines, qui m’avait parlé d’eux. « Clowns sans frontière », le nom m’avait interpellé. Dans un carnage social tel qu’on le trouve ici, était-ce vraiment la priorité de venir de France deux semaines pour faire rire des gamins ? Pour le savoir, je suis allé voir une de leurs représentations. Pour répondre à mes interrogations, mais également pour le plaisir des yeux.
Ils sont sept à avoir fait le voyage. Français, ils ont ouvert leur troupe provisoire à trois Congolais (deux acteurs – dont Cajou –et un musicien). Tous un peu rêveurs, tous un peu déjantés, j’ai été surprise de constater qu’ils avaient dépassé le cap de la vingtaine rêveuse. Au pays, ils sont acteurs, danseurs ou musiciens, et ne se connaissaient pas avant le départ. Ils se sont donné trois jours pour monter de toute pièce un spectacle, avec, comme contrainte, d’acheter tout leur matériel au marché central de Kinshasa. Du coup, pas de nez rouge. Trois jours de préparation, de bricolage et de répétition, puis les voilà partis pour une vingtaine de représentations d’affilé.
J’assiste à un de leurs derniers spectacles, samedi après-midi dans une école près de la gare centrale. Ils devaient se produire dans un centre pour shégués (enfants des rues), mais celui-ci est trop petit, donc les gamins suivent les artistes jusque dans la cour de l’école voisine. L’air de rien, tout en douceur, le spectacle débute. Sans que je n’aie rien vu venir, ils ont placé une grande corde au milieu de la cour, et deux cents gamins se sont assis sagement autour. Ils attendent. Puis
les voilà qui débarquent, tous les dix, au milieu de ce cercle, tout en musique et en mimes. Pas de problème de langage, car celui des clowns est universel. Chacun ses gadgets, chacun son personnage, la scène est circulaire et tout le monde joue en même temps, seul mais ensemble et vice-versa. Les gosses se marrent, moi aussi. Les scènes sont rythmées par les airs du trompettiste français et du percussionniste congolais. On plante un décor où ça parle d’exclusion, de rejet, puis de solidarité. Tout d’un coup, ça part dans tous les sens, un des personnages sort du cercle en courant, et cinquante gamins se lèvent comme un seul homme pour le rattraper et le ramener sur scène. Plus tard, gros fou rire lors de la scène où deux acteurs cachés dans de gigantesques sacs entament une danse synchronisée. Tout le monde est hilare.
Très vite, c’est la fin et les garçons demandent « quoi, c’est fini ? ». Et oui, c’est fini. « Et vous nous donnez quoi
maintenant? ». « Rien de plus, c’est ça qu’on est venu vous offrir, un spectacle, tout simplement » répondent-ils. Et oui, ils commencent à connaître la chanson, on la leur refait après chaque représentation. Difficile en effet pour un enfant de Kinshasa de comprendre qu’on veuille lui offrir un spectacle sans lui distribuer par après les décors, sans offrir un repas ou -mieux encore- de l’argent. Pourtant, clowns sans frontière c’est cela, et juste cela : offrir aux gosses des rues un bref instant de respiration, une pause dans des vies déjà bien trop remplies.
Et si c’est vrai, tout autant que le rire soit grand, il ne remplit pas un ventre, il est pourtant des moments comme ceux-là où j’admire l’initiative de cette poignée d’artistes qui ont laissé leurs propres enfants à l’autre bout du monde pour offrir un rayon de soleil à ceux que d’autres parents ont abandonné à leur propre sort.
05 mars 2007
Présentations...
Gulten, François, Dimitri, ces trois-là sont devenus mes compagnons d'aventure grâce aux jeux du hasard. Séléctionnés tous les quatre pour partir au Congo, on se demandait bien ce qui avait pu pousser la CTB à nous sélectionner nous, et pas d'autres. Réponse de Gulten: pour aller en RDC, il fallait des volontaires avec une grande gueule et de forts caractères.
Tournai - RDC, Dimitri est parti pour Boma, dans la province du Bas-Congo, où il bosse dans un projet de réhabilitation de routes. Il rêvait depuis des lunes de revenir en RDC, où il a passé toute sa jeunesse. Cette expérience au Congo, on l'a sentie au départ : Dimitri était le seul à avoir pensé à emmener sa canne à pêche et ses graines pour planter ses légumes. A Kin, pas moyen de pêcher, mais bon, il n'y a que cinq heures de route jusqu'à Boma.
Gulten vient d'un petit village près de la frontière française, village qu'elle a quitté il y a
bien longtemps pour aller à la capitale. Après des études en relations publiques, la voilà désormais dans la capitale non plus de la Belgique mais du Congo, où elle a été sélectionnée pour travailler au sein du programme national de lutte contre le SIDA. Une petite équipe, beaucoup de boulot, et une Gulten pleine d'envie de toucher à tout. Comme nous tous, elle n'est là que depuis un mois, mais déjà en écoutant ses comptes-rendus de ses journées, j'ai l'impression qu'elle a bossé ici toute sa vie.
François, alias mon ombre. Et oui, lui et moi travaillons dans le même projet. Et comme on vit aussi ensemble, on est rarement l'un sans l'autre. Economiste, liégeois, et fan du standard, on lui a confié la looooourde tâche de rehausser le niveau économique de la commune la plus pauvre de Kinshasa. C'est pas gagné d'avance, mais bon, avec beaucoup de patience et de volonté, les résultats devraient suivre...









































