La blogosphère de Charline à Kinshasa

Impressions d'une mundele en R.D.Congo

16 novembre 2007

Clap! Troisième!

NYL3Nzela Ya Lobi 3ème est né. Il sort avec quelques jours (semaines? chuuut) de retard, mais l'essentiel, c'est qu'il soit là, n'est-ce pas?

Je ne saurais insister suffisement: si vous êtes intéressés 1. par le programme dans lequel je travaille; 2. par ce que à quoi je consacre quelques jours intenses par mois 3. par la vie des habitants de Kisenso et Kimbanseke à téléchargez ce journal!

De plus en plus, on essaie de donner au journal une vraie partie "actualité" en lien avec le développement à Kimbanseke et à Kisenso, et pas uniquement en lien avec nos projets. C'est un peu dur, car les lecteurs ont du mal à nous faire parvenir des infos sur ce qu'ils (ce qui se) réalisent dans leur commune, et donc il faut un peu courrir après cette information. Mais je garde l'espoir, d'ici peu les ONG locales et autres associations prendront le pli et utiliserons le canal du Nzela Ya Lobi pour faire connaître leurs actions dans la commune.

Pour rappel, Kimbanseke et Kisenso sont deux communes de la périphérie Est de Kinshasa. Ce sont les réservoirs de domestiques et d'enfants des rue pour toute la capitale. Leurs problèmes majeurs: l'absence de route, d'accès à l'eau, à l'électricité, les inondations et les érosions (...).

Au menu dans cette édition: 

  • La Une

  • Actualité: Crash de l’Antonov à Kingasani; Table-ronde sur le désenclavement de Kisenso; Une commission mixte pour les travaux de l’av. de la Paix page_2_et_3. Dossier: le marché Ngandu à Kimbanseke page_4_et_5

  • PAIDECO: Dossier: 18 chantiers de LAE terminés à Kisenso page_6_et_7; Kimbanseke: visite photographique de quelques chantiers. page_8 ; Pas de travail sans rémunération! page_9 ; Dossier: la formation dans un contexte de décentralisation. page_10_et_11; Axe Ndjoku: création d’une plateforme d’ONG.; page_12_et_13: C.C.D.: présentation des membres (suite).

  • Santé: La maladie du sommeil sévit à Kinshasa; La mutuelle de santé arrive à Kisenso. page_12_et_13 

  • Economie Le guichet d’économie locale au service de votre entreprise; l'exemple de Bukavu page_14_et_15

  • Nouvelles de province: Atelier genre au Bas-Congo. page_16_et_17 

  • Sport: Etat des lieux du sport à Kimbanseke; Le stade municipal de Kisenso a perdu son éclat. Divers: courrier des lecteurs; l’équipe du PAIDECO s’agrandit; visite de chantiers du PAIDECO. page_18_et_19

  • Communiqués et contacts: page_20

_l_ves_EP6_Kikimiouvriers_BQ_Kikimipapa_Flahaut_et_KimbutaIMG_4874victime_du_crash_antonov

Parce que j'ai pitié de vous, je vous ai mis la version intégrale en français, mais il s'agit en réalité d'un journal bilingue français-lingala. Voir aussi les précédents numéros: juillet-août et septembre-octobre

Posté par charlineakin à 10:30 - Mon travail à la CTB - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


13 septembre 2007

Nzela Ya Lobi, deuxième!

NzelaYaLobi2

Voici le deuxième numéro de Nzela Ya Lobi ("L'avenir"), le journal des communes avec lequelles on travaille dans mon projet. Encore une fois, de la sueur, beauuucoup de crédit de téléphone utilisé, quelques heures de sommeil en moins et pas mal d'aide des collègues pour pondre ces quelques pages. Et dire qu'il faut refaire ça tous les deux mois, il va vraiment falloir que j'apprenne à mieux m'organiser pour ne plus avoir à brûler toutes mes cartouches la dernière semaine juste avant mes vacances...

Grand plaisir au retour de Belgique: le journal que j'avais laissé en version électronique s'était transformé en version papier, déjà distribué dans nos communes. Ca, c'est cool...

page1: sommaire, rentrée scolaire  page2: nouvel atelier de recyclage à Kimbanseke    page3: travaux en suspend sur la route de la Paix  page4 et page5:  Dossier "inaugurations à Kisenso"  page6: Grève des tâcherons des collecteurs Okapi et Biemongo   page7: Comment accéder aux financements du PAIDECO,  page8 et page9: portrait des membres de la Commission communale de développement de Kimbanseke   page12: Lutte anti-érosive et le développement de Kisenso   page13: Les premières formations ont débuté  page14: Droits et devoirs: enregistrement des naissance et droits de succession   page15 Vie communale: bureau en dur vs. bureau "sous les manguiers", micro-trottoir   page16: communiqués

Posté par charlineakin à 14:58 - Mon travail à la CTB - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2007

Néo colonialisme vs. Pré-démocratie

Suite au message ci-dessous, certains d'entre vous ont écouté l'émission de la RTNC dédiée à mon projet, le PAIDECO. Petit à petit, les lecteurs de ce blog se font de plus en plus diversifiés. "Papa - maman - les amis" ne sont plus les seuls à me lire, et cela entraîne naturellement des commentaires de lecteurs inconnus. Certains commentaires se révèlant piquants, il y a lieu de me défendre... Et quand cette défense peut en intéresser plus d'un, je préferre publier ma réponse sur la page d'acceuil plutôt que dans un lien où personne ne s'aventure jamais.

colonNéo-colo

"Peux-tu nous dire ce que ce projet néo-colonialiste coûte à l'Etat Congolais? Pour 1 dollar investi dans ce projet, combien le gouvernement congolais doit-il reverser indirectement à la CTB? Et dans tout ça, on tombera toujours sur des autorités locales (bourgmestres de pacotilles) qui seront en prosternation devant "les bienfaits de la coopération au développement" alors que les effets de ces actions sur la population sont plus que marginaux... Pauvre Afrique!"   Rd Congo

P1030048Pré-démocratie

"Mon cher Rd Congo,

Quel beau pseudo tu t'es donné, et quel dommage que tu l'utilises de la sorte pour cracher dans ta propre soupe... A te lire, je me demande si tu as bien écouté l'émission de mercredi. Ce projet ne s'apparente en rien à du néo-colonialisme. Que du contraire!

Anticiper une (r)évolution démocratique telle que la décentralisation en aidant la population à se structurer pour mieux répondre au gouvernement local élu, promouvoir l'émergence d'une esprit critique, cela te fait-il réellement penser aux pratiques colonialistes?
Permettre aux populations à la base de proposer un plan de développement pour leur quartier, et, surtout,assembl_e leur offrir le moyen de réaliser eux-mêmes ces actions directement palpables, c'est cela le programme dont je parle. En aucun cas est-ce le PAIDECO qui impose ses priorités, et c'est cela toute la beauté du projet. Crois-moi, il y a des jours où je préferrerai pouvoir faire ce qui me semble bon sans rien demander à personne, tout irait tellement plus vite! Alors je m'arrête une minute et je réfléchis à cette phrase "ce que tu fais pour moi sans moi tu le fais contre moi". Et je plonge voir nos partenaires pour écouter ce qu'eux ont à dire...

En ce qui concerne la question financière, sache que pour les 5.900.000 euros que coûte ce projet, l'état congolais contribue à hauteur de 50.000 euros. Soit 0,59 euros pour chaque citoyen belge contre 0,0008 euros pour chaque citoyen congolais...
P1000348En excluant les frais de fonctionnement de ce projet (achat des véhicules, location des bureaux, paiement des employés - 1 expatrié (français!), deux volontaires et 10 congolais -), tout l'argent de ce projet est directement bénéfique à la population. Comme tu as pu l'entendre, toute la main d'oeuvre est prise localement (dans le quartier même où se trouve le chantier!), et le moindre meuble, le moindre fer à béton que nous achetons, nous l'achetons toujours le plus près possible du lieu final de destination. C'est-à-dire la plupart du temps à Kimbanseke ou Kisenso. Au pire à La Gombe. Mais certainement pas en Belgique.
Il est révolu le temps où l'argent de la coopération belge revenait indirectement à notre petit pays. Fini le temps où le moindre maçon, le moindre ingénieur qui travaillait pour la coopération était forcément belge.
En un an et demi de fonctionnement, la seule chose que nous ayons du importer de Belgique, c'est une chambre froide pour la morgue de l'hôpital de Kisenso. Hélas, on en trouve difficilement Kinshasa...

Je concède cependant qu'avec 5.900.000 euros, on ne peut pas transformer Kimbanseke et Kisenso en Dubaï_coliers ou New-York. Après tout, cela ne fait "que" 4,5 euros par habitant de ces communes. C'est peut-être en cela que tu juges les effets marginaux. Mais crois-moi, à Kimbanseke où il n'y a que 6 écoles d'état pour 1 million d'habitant, on ne juge pas une école supplémentaire comme "marginale".

En ce qui concerne les "courbettes" des bourgmestres, j'étais effectivement étonnée de les entendre tellement élogieux à l'égard du projet. Mais s'ils nous jettent autant de fleurs (d'accord, ils exagéraient...) c'est parce qu'ils savent combien ce partenariat est précieux, et qu'ils ne veulent en aucun cas perdre cette opportunité d'améliorer le sort de leurs administrés. Eux, au moins, ne crachent pas dans l'assiette dans laquelle ils mangent... "  Charline

Posté par charlineakin à 14:29 - Mon travail à la CTB - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2007

Emission radio RTNC sur le PAIDECO

Les_bourmestres_et_le_journalistePour ceux qui fréquentent ce blog depuis la R.D.C. et qui veulent en savoir plus sur mon travail, branchez-vous ce soir mercredi à 20 heures sur la radio nationale (RTNC, 91.8 FM à Kinshasa). Les bourgmestres de Kimbanseke et de Kisenso, ainsi que le responsable du projet où je travaille (le PAIDECO) seront les invités de l'émission "Le monde du travail". Ils y parleront des objectifs du PAIDECO (programme d'appui aux initiatives de développement communautaire), de son mode de fonctionnement, des comités de développement qui ont été mis en place dans nos communes partenaires.herv__le_journaliste Les bourgmestres de ces deux communes parleront des avancées concrètes et des retentissements de ce projet sur leur mode de fonctionnement de l'administration, et sur la vie quotidienne des habitants. Ils parleront aussi du long chemin qui reste encore à accéder à un stade de développement économique et social satisfaisant.

Pour ceux qui ne sont pas en R.D.C., je vais tenter (je dis bien "tenter"...) de mettre cette émission sur Youtube pour que vous puissiez l'écouter, histoire que l'information ne soit pas bloquée aux frontières étatiques...

Photo du haut: à gauche: Paul Kambombo, bourgmestre de la commune de Kimbanseke. Au milieu: Mussa Abul Razak, bourgmestre de la commune de Kisenso. Photo du bas: à gauche: Hervé Corbel, Conseiller technique principal du PAIDECO (mon chef direct).

Posté par charlineakin à 15:02 - Mon travail à la CTB - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2007

Youpie! Re-youpie! Le journal est là!!!

nzela_ya_lobi

Bon, d'accord, peut-être ne partagez-vous pas mon enthousiasme, mais bon, moi je peux vous dire que je suis heureuse et soulagée (mais alors vraiment) d'avoir terminé le premier numéro de ce journal à temps.

Curieux de savoir ce que fait la coopération belge au Congo, envie d'exercer votre lingala, d'en savoir plus sur les conditions de vie à Kinshasa ou tout simplement de voir ce qui m'a empêché de dormir et m'a mis les nerfs à vif depuis deux semaines? ---> Une seule solution: lire "Nzela ya Lobi" (Le chemin de demain). Il est tout chaud, sort à peine de mon logiciel de mise en page et avant la version sur papier journal (prévue pour demain matin) je vous le livre en version PDF. C'est pas gentil ça?

Par contre, c'est un peu moins gentil de ma part, il va falloir télécharger mon bébé page par page, car le fichier entier en PDF est trop lourd pour canalblog.

page1        page2-3        page4        page5       page6-7     page8-9     page10-11      page12      page13     page14    page15     page16-17    page18-19       page20

Posté par charlineakin à 17:39 - Mon travail à la CTB - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2007

Aïe Aïe Aïe !!!!

charlineTactique machiavélique, j’avais mis cette su-perbe photo de moi sur ce blog pour attirer les commentaires. Ben oui, oui, je l’avoue, ça ressemble un peu à un comportement de pré pubère, mais bon, à raison d’un commentaire par mois, je commence à me demander si quelqu’un prend parfois le temps de lire ce que j’écris sur ce blog. Ma technique n'a pas marché. Passons. De toutes façons j'ai dépassé l’âge. Toujours est-il que cette photo se marie à merveille avec mon humeur de ces derniers jours, c’est-à-dire : « GRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR ».

Grrr quoi ? Grrrr contre les journalistes que j’ai engagés pour écrire des articles pour le journal qui doit paraître lundi. Avec eux, d’un coup, tout ce que j’ai appris sur les bancs de l’université semble tomber à l’eau : tournure de phrase, mélodie du texte, phrases courtes, structure « sujet + verbe + complément », PFFFF : aux oubliettes ! Je les ai engagés contre une petite fortune, histoire de me faciliter la vie. Au final, je passe autant de temps à retravailler les articles que si je les avais écrits moi-même…

Ci-dessous, quelques extraits des papiers qu’ils m’ont rendus, pour que vous compreniez mon désespoir :

« Dans la mise en œuvre de ces projets, la CTB ne peut se substituer à la population en faisant tout à a place et surtout sans elle. Les populations locales sont suffisamment informées et consultées sur l’importance du projet et ses différentes étapes par exemple comment choisir les axes pour que tels quartiers soient concernés par le projet et pas tels autres ? Levée topographique ; identifier le point le plus élevé ou peut être construire le réservoir principal.  Quelles dimensions aura un tel ouvrage et en quelle matière sera-t-il construit ? Comment faire de projections et dimensionnement du réseau de distribution d’eau, le réseau va-t-il couvrir un seul ou deux quartier à la fois ? le coût de service de l’eau ? »

« L’accès non favorable à l’eau potable entraîne une plus haute fréquence des maladies d’origine hydrique avec des conséquences incalculables d’habitude très graves »

« Tout comme le réseau de distribution on ne demandera en aucune façon l’espace tiendra une parcelle »

« C’est bien la contribution de la population bénéficiaire du projet. La conditionnalité primaire exigée par la CTB pour l’installation des ouvrages d’approvisionnement d’eau, a déclaré Alionne Diop (faute dans le nom), coordinateur technique de ce projet a la CTB. »

« Préoccupé fortement par les problèmes majeurs que rencontre les habitants de 17 quartiers de la commune de Kisenso notamment les érosions et les inondations trop fréquentes dans les quartiers riverains, l’enclavement, le manque d’eau et de l’énergie électrique , ainsi que l’insécurité de la population estimée à environ 269.077, le bourgmestre Mussa-Abdul-Razac, en fonction depuis le 8 juin 2005, monte, avec différents bailleurs des fonds, plusieurs initiatives de développement pour le bien-être des « Kisensois », entendez par là, la population vivant dans sa commune. » à allez, on reprend sa respiration… 

« Le bourgmestre Mussa a, par ailleurs, fait observer autant qu’il est lui-même investi dans la salubrité pour évacuer les immondices vers les dépotoirs, autant il invite la population à s’impliquer dans cette démarche et dans la lutte anti-érosive par le biais des sacs, des digues, des bassins de rétention, et de creuser des drains parcellaires, ainsi que des trous  en vue de freiner l’élan des érosions. » (chute de l’article)

La tentation est grande, mais je vous épargne de devoir lire un article complet. J’avoue que je vous en aurais bien mis un pour que vous voyez l’extrême non-structure de ces papiers.

Bon, sur ce je vous laisse, j’ai du boulot !

Posté par charlineakin à 10:57 - Mon travail à la CTB - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2007

El trabajo mio

Je profite d’une brèche dans mon horaire de travail pour prendre –enfin– le temps de vous raconter ce que je suis venue faire au Congo. On commençait à croire que mon travail de volontaire n’était qu’une façade pour cacher un commerce de diamants, des vacances au soleil ou une grossesse imprévue. Et non, messieurs-dames, ici je bosse sec. _coles_sous_les_arbres

Bon, par où commencer ? Je vous ai déjà expliqué en gros le Paideco (voir deux messages plus bas). Objectif global du projet : « Améliorer de façon durable les conditions de vie des populations des zones d’intervention à travers la promotion de la bonne gouvernance locale ». Le projet existe dans plusieurs villes du pays. A Kinshasa, je vous l’ai dit, nos zones d’interventions, ce sont deux communes périphériques parmi les plus pauvres et les plus peuplées de la ville (Kimbanseke et Kisenso). A elles deux, elles comptent 1.500.000 habitants. Soit plus que la population de la Ville de Bruxelles, avec des infrastructures euh… un peu moins conséquentes que notre chère capitale. Une maison communale par commune (jusque là, rien d’anormal), mais qui ne comptent que sept ou huit bureaux (ah ben non, c’est pas beaucoup ça). Dans chaque quartier, un bureau de quartier et son chef de quartier (jusque là, rien d’anormal), maisBQ_sous_les_arbres qui sont souvent « sous les arbres » faute d’avoir des bâtiments disponibles pour y placer les locaux de l’administration (imaginez Schaerbeek où il faudrait enregistrer les naissances, décès, nouveaux arrivants, départs … et sans même un classeur ou un toit pour abriter l’unique fonctionnaire chargé de faire tout ce boulot). Bref, dur dur de faire tourner une telle commune avec si peu de moyen. Dans le cadre de la décentralisation, le programme tente de réaliser son objectif global en travaillant aussi bien avec la population qu’avec l’administration communale.

Durée du projet : 4 ans, budget total : 5 900 000 euros.

Et comme l’objectif du projet est, avouons-le, un peu vague, il a été divisé en six objectifs spécifiques, plus concrets et quantifiables :

Résultat 1 : Les plans de développement communaux sont élaborés, mis en œuvre et suivis de manière participative. En clair : la première chose que le Paideco a fait, était de travailler avec les Comités Locaux de Développement (voir message de la semaine passée), afin d’établir un plan de développement avec une liste des besoins prioritaires à satisfaire pour développer la commune (ex : construction de routes, formations, construction d’écoles, de bureaux de quartier, désserte en eau…). Budget : 200.000 €

Résultat 2 : Les infrastructures sociales de base sont améliorées. En clair : la population présente, tous les deux-trois mois, des projets pour développer leur quartier. Le CLD approuve ou non en fonction du plan de développement, et de la faisabilité du projet. Exemple : si quelqu’un propose de construire une bibliothèque de 500.000 livres dans un quartier où il faut faire 5 km à pied pour trouver de l’eau, le projet sera refusé pour privilégier un projet de borne-fontaine. Une fois le projet accepté, c’est le Paideco qui finance à 90%, et ce sont des entrepreneurs de la commune (et si possible du quartier) qui réalisent l’ouvrage, sous supervision d’un expert communal et des ingénieurs du Paideco.

Il serait un peu dur de citer tout ce que le projet a fait dans ce domaine, parce qu’il y a vraiment vraiment beaucoup de chantiers finis / en cours / planifiés. Pour vous en citer quelques-uns : construction de 18 bureaux de quartiers, réhabilitation de la maison communale, réhabilitation/construction d’une quarantaine d’école, de quelques centres de santé, lutte anti-érosion, construction de ponts, de passerelles, etc etc etc etc etc. Budget : 2.185.000 €

Résultat 3 : Le développement économique local est promu et stimulé. Tiens donc, mais ça serait bien le travail de François ça… Je le harcèle depuis une semaine pour qu’il m’écrive un texte sur son travail pour mon journal communal, il me l’a promis pour demain, s’il le fait, je l’intègre. Sinon, tant pis pour le développement économique local ! Budget : 1.000.000 €

Résultat 4 : Les capacités des acteurs locaux sont renforcées afin qu’ils jouent leur rôle pour le développement local. Toujours sur base des besoins exprimés par les CLD, des formations sont organisées pour des groupes ciblés de la population. Exemples de formation : gestion des infrastructures, fonctionnement et gestion d’une association, notions élémentaires de droit, décentralisation et bonne gouvernance. Budget : 400.000 €

Résultat 5 : L’information et la communication sont promues dans la commune. CA C'EST MOI !!!

L’information qu’il faut faire circuler, c’est avant tout des informations d’ordre communal et communautaire. C’est-à-dire ? C’est-à-dire d’une part tout ce qui concerne l’administration (vers quel service se tourner dans tel ou tel cas ? Taxes : combien faut-il payer et à qui ? pourquoi doit-on enregistrer les naissances/décès ? comment fonctionne ma commune ? où part l’argent de mes impôts ? etc.) ; d’autre part tout ce qui concerne la communauté (notions d’hygiène, points sécuritaires, protection de l’environnement, éducation des enfants, alphabétisation, …). Les informations communautaires répondent aux besoins de la population, qui est très demandeuse de ce type de sensibilisation. Par contre, en ce qui concerne l’information communale, il faut savoir qu’il ne fait pas partie de la culture de demander des comptes aux chefs. Si les chefs sont à leur poste, c’est qu’ils ont été parachutés là par un supérieur hiérarchique, et ce que Chef dit, Peuple subit. Les bourgmestres devraient être désormais être élus (et non placés) d’ici un an, et le Paideco essaie de faire changer les mentalités, en formant l’administration à rendre des comptes, et la population à en demander. Budget : 150.000€

Résultat 6 : Les leçons et les bonnes pratiques du programme sont documentées et partagées et contribuent à la réflexion sur la décentralisation en RDC 

à Archivage, P.V., participation à des séminaires, ateliers, etc. Budget : 90.000 €

Posté par charlineakin à 09:55 - Mon travail à la CTB - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mai 2007

Un mercredi au boulot

en_voiture

J’ai passé la journée d’hier « sur le terrain », comme on dit au Paideco (programme d’appui aux initiatives de développement communautaire). Notre terrain, qu’est-ce que c’est ? Ce sont deux communes périphériques de la ville de Kinshasa, deux communes dortoirs où viennent se réfugier les familles en situation précaire, aux loyers légers pour portefeuilles ultra-maigres. Ici, à peine quelques centaines de mètres d’asphalte, pas d’eau courante et un réseau d’électricité plus ou moins inexistant. Kisenso et Kimbanseke, les deux communes choisies par le Paideco pour y exercer ses actions de développement, comptent à elles deux un million trois cent mille habitants. A leur tête, deux administrations communales dépourvues de moyens matériel et financier, où corruption et débrouille font office de devise. Non pas parce que les fonctionnaires sont immoraux, mais parce que quand il faut nourrir sa famille, on puise l’argent où on le trouve.

Chacune de ces communes est divisée en quartier. Au sein d’eux, le Paideco a commencé ses activités par l’élection de représentants de la population organisés en groupes : les comités locaux de développement (CLD). Parmi eux on retrouve des représentants des notables, des associations féminines, des ONG, des opérateurs économique, des parents d’élèves, …. Leur raison d’être : à terme, servir de comité consultatif pour les questions liées au développement auprès du conseil communal, une fois que celui-ci aura été élu.

En attendant les élections locales, c’est avec le Paideco qu’ils travaillent, en déterminant les besoins de la population. Pour simplifier, ils décident des actions à entreprendre pour développer leur quartier, et le Paideco les réalise. Il y a des constructions « en dur » (écoles, centres de santé, lutte anti-érosive, …) mais également des formations ou renforcements de capacités (« le soft »). C’est là que moi j’interviens.

Les marchéspr_sidente_comit__gestion_du_march_

Journée d’hier, donc : après avoir passé un mois à faire le tour des CLD pour établir une stratégie de communication pour la commune, les CLD ont choisi plusieurs outils à mettre sur pied afin d’informer le plus grand nombre de gens possibles. Parmi ceux-ci : créer des « radios de marché ». Objectif de la matinée, faire un repérage des marchés de Kisenso pour voir dans quelle mesure il est possible pour le Paideco de financer des radios de marché viable.

Au menu du jour, trois marchés différents. Je pars avec Anderson le chauffeur et François, qui a rendez-vous à Kisenso l’après-midi. On fait d’une pierre deux coups en se partageant la voiture. Passage par la maison communale pour embarquer l’administrateur des marchés qui me fait office de guide et répond à mes 1001 questions.

_talagesSur les marchés, un brin de causette avec les « mamans » du marché (entendez les vendeuses). « Mbote na yo maman, kombo na ngai Charline ya coopération belge » (Bonjour Maman, je m’appelle Charline et je travaille à la coopération belge). Puis c’est Anderson qui enchaîne, car mes dons de lingala ne vont pas au-delà de ça : une radio de marché, cela leur plairait-il ou non ? Quel type d’information voudrait-elles entendre pour les aider dans leur vie quotidienne. Réponse : des informations sur la situation dans le pays, des comptes-rendus des activités communales, de la sensibilisation pour l’éducation, l’assainissement, la santé, le développement économique. Le tout baignant dans des musiques religieuses et des prêches pour mieux faire passer les informations « sérieuses ».

Ici la population est très croyante, peut-être est-ce pour mieux supporter les difficultés de la vie quotidienne. Ces vendeuses n’ont aucune économie, et l’objectif de leur journée est de gagner assez d’argent pour rembourser le crédit du matin (qui a servi à acheter la marchandise) et s’acheter de quoi fournir à leur famille l’unique repas de la journée.

march__Kisenso_Gare

Ci-dessus: le marché de "kisenso gare", un marché "en dur" construit par le Fonds social urbain (FSU, ancêtre du Paideco). Dans d'autres sites, les mamans vendent à même le sol, ou sur des étals en bois. L'objectif en construisant les marchés est de créer un pool de rencontres (au sec), afin de favoriser la communication et l'émergence de groupes d'actions pour le développement. L'objectif est-il rempli? Je n'en sais rien. Mais une chose est sûre, vendeuses et acheteuses gardent les pieds au sec en cas de pluie et ça, c'est déjà une grande avancée!

Quand à moi, sur deux des marchés visités je devrais sans problème créer une radio de marché. Sur le troisième, ça reste à voir car il fait tout de même... 500 mètre de long en restant à deux mètres de la voie ferée.

L'élevage de poules pondeusesles_poulettes

Retour à la commune pour changer de « guide », le responsable du service communal ‘développement économique’ prend la place de l’administrateur des marchés à nos côtés dans la voiture. Cette fois, c’est François qui prend la main, moi je me contente d’observer. Tout comme moi qui suis chargée de développer la communication dans la commune, lui a en charge le développement économique de Kisenso. Tout un programme. Parmi ses activités, François passe un bon bout de temps à visiter les rares « entreprises » ou associations professionnelles qui fonctionnent dans dans la commune. Aujourd’hui, ce sera une ferme avicole (400 œufs par jour), au fin fond de Kisenso. Ted, l’exploitant, voulait élever sa volaille en pleine terre, mais dans cette zone marécageuse où les inondations sont nombreuses, mieux valait que les poules gardent les pattes en l’air. Ted a acheté cette batterie pour 2000 euros, un occasion venue d’Europe.

au_dessus_de_la_digueEnsuite, petit tour du propriétaire : Ted nous emmène aux limites de sa parcelle, héritage de son père. Au bout, une digue (construite par le Paideco) pour éviter les inondations et l’ensablement (voir photo de la maison). Derrière cette digue, la rivière N’djili, frontière entre la commune de Kisenso et de N’djili. Ici, les hommes se baignent, les femmes font la lessive, la vaisselle ou lavent leurs enfants.

Il est 16h30, nous sommes morts de faim. On s’arrête 15 minutes __la_flottepour boire un « sucré » (coca, fanta) avant de reprendre le chemin du bureau. On rentre les chaussures pleines de sable et de boue, crevés, mais des journées comme celles-ci moi j’en veux bien tous les jours !

maison_enfouie

la_N_djili

Posté par charlineakin à 12:42 - Mon travail à la CTB - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 avril 2007

Ben jij dood?

Non, ma vie ne s'est pas arrêtée à l'épisode des P1000684"évènements" d'il y a deux semaines. Si j'ai délaissé mon blog et ses lecteurs ces derniers temps, ce n'est pas pour cause de relaxation post-traumatique, je vais bien, je vis bien, très très bien même.

Mon absence actuelle est tout simplement due à une montagne de boulot qui n'attend qu'une seule chose: que je m'y P1000713consacre à 100%. Cette fois ça y est, les choses concrètes sont en marche, mais pour que ça bouge, je dois m'y consacrer entièrement. Ce n'est plus pour vous que je tapote sur mon clavier, du coup le nombre de mes lecteurs a chuté en masse. L'usure de mes yeux est dédiée uniquement aux habitants de nos zones d'intervention. Mais soyez rassurés, i'll be back soon...

Posté par charlineakin à 12:15 - Mon travail à la CTB - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2007

The big boss and I...

armand_de_deckerLet me introduce you to... my mega big boss, Mister Armand De Decker himself, Ministre belge de la coopération au développement. Je vous envoie le lien vers la galerie photo de son dernier voyage en RDC (d'où j'ai tiré cette photo). Son photographe a un appareil photo autrement plus performant que le mien. A voir!

http://www.armanddedecker.com/photo/index.php?gallery=./2007/2007-03-08-Mission%20en%20R%E9publique%20D%E9mocratique%20du%20Congo&startat=20

Posté par charlineakin à 20:25 - Mon travail à la CTB - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1